La Milo House se fond dans la forêt du Vermont
Conçue par Elizabeth Herrmann Architecture + Design à Cornwall, dans le Vermont, la Milo House se dissimule dans le paysage grâce à un bardage en yakisugi, un cèdre japonais carbonisé qui évoque l'écorce des arbres.
Certaines maisons ne cherchent pas à se faire remarquer. La Milo House, imaginée par le studio Elizabeth Herrmann Architecture + Design, appartient à cette catégorie. Posée sur une colline de Cornwall, dans le Vermont, elle a été conçue pour un couple venu de Boston et baptisée, avec affection, en hommage à leur chien.
Le site a imposé sa loi dès le départ. Vergers, canopée dense et longues vues vers l'ouest en direction des Adirondacks ont guidé chaque décision de l'architecte. Le résultat est un assemblage de volumes irréguliers et décalés, qui semblent moins posés sur la pente que nés avec elle. Les formes épousent la topographie, créant ce qu'Elizabeth Herrmann appelle des moments de « compression et de relâchement » qui se révèlent au fil de la déambulation.
C'est dans le choix des matériaux extérieurs que le projet affirme le plus clairement son intention. Les façades sont habillées d'un bardage Gendai® yakisugi signé Nakamoto Forestry, un cèdre japonais carbonisé selon une technique ancienne qui renforce la durabilité du bois, sa résistance à la pourriture et sa stabilité dimensionnelle. La variante Gendai® est brossée une fois après carbonisation pour adoucir la suie et laisser apparaître le grain naturel du cèdre sous la peau carbonisée. De près, la matière a de la profondeur. De loin, elle ressemble presque exactement à de l'écorce.
Ce n'est pas un hasard. « Nous voulions vraiment que la maison paraisse naturelle, presque comme de l'écorce, en ton et en texture », explique Elizabeth Herrmann. « Nous aimons travailler avec des matériaux naturels qui ont de la texture, de la patine et de la profondeur de caractère. »
Le matériau porte aussi une philosophie du temps. Le yakisugi n'est pas destiné à rester figé : il vieillit, se transforme et évolue. « L'intérêt du yakisugi n'est pas de rester gelé dans le temps. C'est un matériau vivant, conçu pour évoluer. Les clients ont vraiment adopté cette idée », note l'architecte. Pour une maison pensée autour d'un rythme de vie plus lent, du télétravail et d'un véritable ancrage au lieu, cet état d'esprit traverse tout le projet.
À l'intérieur, l'enveloppe sombre laisse place à des pièces aux allures de cathédrale, des finitions terreuses et une abondance de lumière naturelle. La ventilation transversale circule efficacement entre les volumes décalés, et l'implantation cadre les vues plutôt qu'elle ne les concurrence. Un sauna détaché, habillé du même bardage yakisugi, ancre la propriété et complète l'ensemble : un véritable refuge, pas seulement une maison.
La Milo House ne cherche pas à devenir un repère. Elle cherche à appartenir à son environnement. Et elle y parvient.
