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Cortex

9 Septembre 2026

Culture

Rodolphe Parente et Marion Mailaender réinventent le Ken Club parisien de 1985

Les architectes Rodolphe Parente et Marion Mailaender signent la rénovation du Ken Club à Paris, un club de sport et de vie sociale fondé en 1985. Ils réinterprètent l'identité d'origine du lieu avec des couleurs saturées, des formes arrondies et des jeux de lumière, sans tomber dans la reconstitution historique.

Bastien Perrin 5 min Designboom

Les architectes Rodolphe Parente et Marion Mailaender ont réimaginé le Ken Club de Paris comme une « architecture en mouvement », transposant l'identité de 1985 de ce club de fitness et de vie sociale dans un cadre contemporain, face à la tour Eiffel. Plutôt que de copier l'apparence d'origine, ils abordent le passé comme un « remix architectural », où le langage visuel et l'atmosphère des années 1980 sont échantillonnés, retravaillés et dotés d'un nouveau rythme.

Le duo imagine le club presque comme un décor de cinéma conçu pour durer, recréant l'ambiance d'une autre époque sans transformer les intérieurs en réplique d'époque. Couleurs saturées, formes arrondies, surfaces réfléchissantes et contrastes théâtraux entre lumière et ombre donnent aux espaces une sensation de mouvement. Fondé en 1985 par Mireille et Pierre Benzaquen, le Ken Club est rapidement devenu un lieu de rencontre où l'on venait faire de l'exercice, se retrouver et passer du temps ensemble. Quarante ans plus tard, la rénovation prend cette histoire comme point de départ.

Parente et Mailaender ont été chargés de recréer l'esprit du club d'origine sans en reproduire l'apparence. Les références aux années 1980 sont abstraites et redistribuées dans tout l'intérieur, permettant au bâtiment de reconnaître son passé. Un intérieur baigné de lumière s'organise autour d'espaces de repos, de piscines, de circulations et de zones plantées, tandis que de fortes interventions graphiques interrompent la trame architecturale. Les surfaces pâles rencontrent des tons turquoise, jaune, rose et vert, produisant un environnement délibérément éloigné du langage visuel souvent associé aux espaces de fitness.

Un plafond à motifs étend des formes vertes irrégulières sur une surface jaune chaleureuse. Vu d'en bas, l'ensemble se lit presque comme une œuvre graphique surdimensionnée, tandis que son échelle transforme le plafond en élément actif de l'expérience spatiale. Des ouvertures circulaires sont découpées dans les murs, encadrant des vues entre les pièces et introduisant un motif récurrent de géométrie courbe. La zone de la piscine pousse ce langage dans une autre direction : des surfaces bleues entourent l'eau, tandis qu'une grande ouverture circulaire offre une vue sur l'espace adjacent.

Cette approche reflète ce qui rendait le Ken Club différent à son ouverture. Il a été conçu comme un lieu où l'exercice et la vie sociale pouvaient se dérouler ensemble, et les nouveaux intérieurs poursuivent cette idée. Les membres se déplacent entre les zones d'entraînement, de natation, de repos et de rencontre, l'architecture évoluant au fil du parcours. Les architectes décrivent le projet comme un « remix architectural » et un « échantillon d'un état d'esprit ». Plutôt que de tenter de recréer le club exactement comme il était en 1985, ils ont pris son atmosphère comme point de départ. Le résultat se sent connecté au Ken Club d'origine sans transformer l'intérieur en reconstitution du passé.

Le mobilier aux motifs façon terrazzo apporte un langage graphique ludique, tandis qu'un toit vitré inonde de lumière les espaces de circulation. L'escalier à motifs se courbe sous la verrière, et le salon central lumineux relie les sièges, la circulation et les jardins vitrés. Les surfaces en miroir et les finitions métalliques chaudes complètent l'intérieur. Les fenêtres circulaires surplombent la piscine, dont le bord incurvé et les fenêtres rondes créent un rythme graphique continu, réfléchissant la lumière sur l'eau. Les tapis roulants bordent une salle d'entraînement en miroir éclairée en rose, et les équipements de musculation remplissent la salle de fitness aux tons rosés. Le mobilier rose sculptural contraste avec les surfaces métalliques réfléchissantes, tandis que le comptoir incurvé du lavabo est encadré de panneaux métalliques et d'un éclairage intégré. Les murs bleus incurvés et les ouvertures circulaires au plafond façonnent un espace de circulation sculptural. Les casiers en miroir et les sièges sculpturaux définissent les vestiaires, et un espace de lavabo combine panneaux muraux tons liège, acier inoxydable et éclairage rose. Le studio de cyclisme utilise un éclairage bleu et des cadres illuminés.

Bastien Perrin

Auteur

Analyste économie

Bastien Perrin couvre pour Cortex l’actualité, la politique, l’économie, la société et la culture. Son travail met l’accent sur la vérification, le contexte et la clarté pour les lecteurs.

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