Le titre d’une nageuse russe aux Championnats d’Europe de natation de Paris n’a pas été accompagné de l’hymne de son pays. La scène s’est déroulée dans la capitale française, où la compétition est entrée dans sa première semaine. Une nageuse russe est montée sur la première marche du podium, mais l’hymne national n’a pas été diffusé. En cause, une application différée de la décision de la fédération internationale World Aquatics de réintégrer les athlètes russes et biélorusses.
World Aquatics avait validé le principe d’une réintégration de ces sportifs. European Aquatics, la fédération européenne qui organise les Championnats d’Europe, n’a pas suivi ce calendrier. Elle a décidé de reporter la mise en œuvre de la mesure jusqu’à la fin de la compétition parisienne. Autrement dit, la décision de l’instance mondiale ne s’applique pas, pour l’instant, aux épreuves organisées en Europe. Cette divergence de calendrier a des conséquences directes sur le déroulement des cérémonies.
Les championnats, qui ont débuté vendredi, se déroulent pendant quinze jours dans la capitale française. Le report choisi par European Aquatics signifie que les nouvelles règles n’entreront en vigueur qu’à l’issue de cette quinzaine. Le choix de la fédération européenne a donc une portée concrète immédiate pour les athlètes concernés. Les nageurs et nageuses russes et biélorusses présents à Paris concourent dans un cadre encore marqué par les règles précédentes, ce qui explique pourquoi la victoire d’une athlète russe n’a pas donné lieu à la diffusion de l’hymne national.
La nageuse russe a pourtant remporté un titre, confirmant que les athlètes concernés ont retrouvé une place dans les compétitions internationales. Mais les honneurs protocolaires réservés au pays vainqueur n’ont pas été rendus. L’hymne russe n’a donc pas retenti dans la capitale, contrairement à ce que prévoit l’usage lors des victoires dans les compétitions européennes. Les spectateurs ont assisté à une remise de médailles sans la célébration nationale qui accompagne d’ordinaire un succès.
Ce dossier illustre les tensions qui entourent encore la présence des athlètes russes et biélorusses dans le sport européen. Si la fédération internationale a choisi de réintégrer ces sportifs, les fédérations européennes conservent une marge de manœuvre dans l’organisation de leurs propres compétitions. La situation parisienne montre que les décisions des différentes instances ne sont pas nécessairement synchronisées.
La compétition se poursuit donc avec un dispositif particulier, entre participation des athlètes russes et biélorusses et absence des symboles nationaux. European Aquatics sera amenée, à l’issue des championnats, à préciser la manière dont elle appliquera la réintégration lors des prochaines échéances. En attendant, chaque victoire obtenue par ces athlètes pendant la quinzaine parisienne reposera la même question, celle de la place de l’hymne et du drapeau dans le sport européen.



