Le président des États-Unis, Donald Trump, a annoncé ce week-end la suspension des nouvelles frappes que Washington et Israël prévoyaient contre l'Iran, à la demande de Téhéran et de plusieurs pays de la région, à condition qu'un accord puisse être conclu rapidement. Cette déclaration a été faite alors que M. Trump était réuni avec son secrétaire d'État, Marco Rubio, et le secrétaire à la défense, Pete Hegseth, à Camp David, dans le Maryland. Elle intervient après plusieurs jours de menaces américaines d'une escalade militaire majeure au Moyen-Orient.

Dans un message publié sur sa plateforme Truth Social, le président américain a affirmé que les États-Unis étaient « prêts à frapper la République islamique d'Iran, à des niveaux de terreur militaire, de force et de puissance jamais vus depuis la Seconde Guerre mondiale ». « Malgré cela, nous venons d'être priés par l'Iran, et par d'autres pays du Moyen-Orient, de suspendre toute attaque », a-t-il écrit. « Sur la base de cette demande, j'ai accepté d'annuler l'attaque, sous réserve de pouvoir conclure rapidement un ACCORD. Israël se joint à moi dans cet engagement », a ajouté le locataire de la Maison-Blanche.

La décision marque un revirement par rapport aux déclarations de vendredi, lorsque Donald Trump avait menacé, lors d'une réunion du Conseil des ministres, de frapper l'Iran « très fort ». Selon CBS News, les États-Unis et Israël préparaient en effet des frappes conjointes durant le week-end, les raffineries de pétrole et les centrales électriques iraniennes figurant parmi les cibles possibles. Washington avait également appelé ses ressortissants à « envisager de quitter » le Moyen-Orient en raison d'une possible escalade du conflit régional.

Dans son message, Donald Trump a posé des conditions claires pour la conclusion d'un accord avec l'Iran: l'ouverture « complète et totale » du détroit d'Ormuz, artère stratégique du transport pétrolier, ainsi qu'une fin de la menace nucléaire iranienne. Ces exigences sont parmi les plus sensibles pour Téhéran, qui contrôle le détroit par lequel transite une part importante du pétrole mondial.

La suspension des frappes intervient également après une intervention diplomatique du prince héritier saoudien Mohammed Ben Salmane. Selon Axios, citant des responsables américains anonymes, le dirigeant saoudien a appelé le président américain pour exprimer ses inquiétudes concernant les projets de frappes. Une source au fait de l'appel a indiqué que le prince héritier avait « exhorté Trump à désamorcer la situation et à s'abstenir de lancer les frappes ».

Le secrétaire d'État américain, Marco Rubio, s'est montré optimiste sur la perspective d'un accord. Dans une interview publiée sur Fox News avant l'annonce de Donald Trump, il a assuré que les capacités militaires de l'Iran avaient été amoindries et que les responsables iraniens « sont maintenant disposés, et dans certains cas semblent impatients, à conclure un accord sur la dénucléarisation ».

Le conflit a été déclenché le 28 février par des frappes conjointes des États-Unis et d'Israël contre l'Iran, qui a riposté par des attaques de missiles et de drones dans la région. Un protocole d'accord avait été signé à la mi-juin pour ouvrir la voie à des pourparlers de paix, mais de nouvelles frappes réciproques ont eu lieu au début et à la fin du mois de juillet. L'annonce de ce week-end ouvre une nouvelle fenêtre diplomatique, sous réserve que les négociations aboutissent rapidement, conformément à la condition posée par la Maison-Blanche.