Le suspect de l'attaque ayant visé la gay pride de Berlin samedi soir a été abattu par la police lors d'une opération menée dimanche dans le quartier berlinois de Spandau, ont annoncé les forces de l'ordre. L'homme, identifié comme Abdul Ballout, un Allemand d'origine libanaise âgé de 21 ans, était activement recherché depuis le drame survenu dans le parc du Tiergarten.

L'attaque s'est déroulée vers 22 heures, en marge de la parade des fiertés. Selon les autorités, un véhicule blanc a foncé dans la foule avant de percuter un arbre. Le conducteur est ensuite descendu de sa voiture et s'est précipité sur d'autres passants armé d'une machette, infligeant de graves blessures. Bilan: une femme a perdu la vie et une trentaine de personnes ont été blessées, dont plusieurs grièvement. Le chancelier Friedrich Merz a indiqué dimanche qu'aucune victime ne se trouvait plus en danger de mort.

Le suspect, Abdul Ballout, était connu des services de renseignement pour sa radicalisation islamiste. Selon les médias allemandsDer SpiegeletBild, il avait tenté de rejoindre le groupe jihadiste État islamique en Syrie en 2025 mais avait été arrêté au Liban et renvoyé en Allemagne. Il avait été condamné en 2026 pour « préparation d'un acte de violence grave mettant en danger la sécurité de l'État ». La police le décrivait comme un homme mince d'environ 1,90 m, aux cheveux noirs, vêtu d'un sweat à capuche noir et d'un pantalon blanc.

Le gouvernement allemand a immédiatement qualifié l'attaque d'« attentat terroriste islamiste ». Le ministre de l'Intérieur, Alexander Dobrindt, a déclaré dimanche: « Tout ce que nous voyons ici indique que nous avons affaire à un attentat terroriste islamiste. » L'opération policière qui a conduit à la mort du suspect a mobilisé d'importants moyens, et les forces de l'ordre ont diffusé un appel à témoins avant de localiser le fugitif à Spandau.

Le chancelier Friedrich Merz a réagi en appelant à l'unité nationale. « Ces actes n'ont qu'un seul but: diviser notre société », a-t-il déclaré, avant d'assister à un office religieux en hommage aux victimes. Il s'est adressé aux participants des prides du pays en ces termes: « Ne vous laissez pas intimider. » Dimanche après-midi, une veillée a été organisée devant la porte de Brandebourg par des membres de la communauté LGBTQ de Berlin, rassemblant une foule nombreuse qui a observé une minute de silence.

L'attaque intervient dans un climat de tension renforcée autour des événements LGBTQ en Europe. Elle rappelle d'autres attentats perpétrés contre des communautés vulnérables et suscite des craintes de récupération politique. Les autorités allemandes ont cependant insisté sur la nécessité de ne pas céder à la peur et de maintenir la cohésion sociale. L'enquête se poursuit pour déterminer si le suspect a agi seul ou avec des complices, même si la police n'évoquait plus dimanche l'hypothèse de plusieurs auteurs.

La marche des fiertés de Berlin, l'un des plus grands rassemblements LGBTQ d'Europe, se déroulait depuis vendredi devant la porte de Brandebourg, à plusieurs centaines de mètres du lieu de l'impact. Des concerts et des animations étaient prévus tout le week-end. L'attaque a jeté une ombre sur ces festivités, mais les organisateurs ont affirmé leur détermination à poursuivre les célébrations et à rester visibles. La solidarité envers les victimes et leurs proches reste au cœur des préoccupations alors que Berlin panse ses plaies.