Six colonnes de fumée se sont élevées en même temps, mercredi 22 juillet 2026 en fin d'après-midi, le long d'un kilomètre de la route de Cos à Lamothe-Capdeville, au nord de Montauban, dans le Tarn-et-Garonne. En quelques minutes, un paysage de garrigue et de friches s'est embrasé, nécessitant la mobilisation de 42 sapeurs-pompiers et de nombreux engins terrestres et aériens. Au total, près de 16 hectares de végétation sont partis en fumée, mais aucune habitation ni victime n'est à déplorer, selon les premiers bilans des autorités.
Ce qui intrigue particulièrement les enquêteurs, c'est la simultanéité des départs de feu. Six foyers distincts ont été signalés quasiment au même moment sur une zone restreinte, un scénario qui écarte d'emblée l'hypothèse d'une cause accidentelle unique, comme une étincelle de machine agricole ou une négligence humaine isolée. Les sapeurs-pompiers du Service départemental d'incendie et de secours (SDIS) de Tarn-et-Garonne, appuyés par des renforts des départements voisins, ont lutté pendant plusieurs heures pour circonscrire les flammes, alors que le vent soufflait en rafales, compliquant la tâche des équipes au sol.
Très rapidement, la piste criminelle s'est imposée comme la plus probable. Un témoignage clé, recueilli par les gendarmes de la compagnie de Montauban, a permis d'orienter les investigations dans cette direction. Selon une source proche de l'enquête, un riverain aurait aperçu un véhicule suspect quittant les lieux peu avant le début des incendies, et aurait fourni une description précise aux forces de l'ordre. Les militaires de la brigade de recherches de Montauban ont été saisis et une enquête pour destruction de bien par incendie en bande organisée a été ouverte. Les prélèvements effectués sur les différents points de départ devraient permettre de déterminer si un accélérant a été utilisé.
Cet événement survient dans un contexte estival particulièrement tendu en matière de feux de forêt dans le sud-ouest de la France. Le même jour, un incendie majeur ravageait le nord du bassin d'Arcachon, en Gironde, où 2 000 hectares ont déjà brûlé depuis mercredi. Le gouvernement a annoncé le déploiement d'un A400M militaire d'ici fin juillet pour renforcer la flotte de bombardiers d'eau, alors que les pompiers redoutent une saison 2026 aussi dévastatrice que celle de 2022. Si les deux sinistres ne sont pas liés, ils illustrent la vulnérabilité des territoires face à la sécheresse et aux actes malveillants.
À Lamothe-Capdeville, commune de moins de 800 habitants située à une dizaine de kilomètres de Montauban, l'émotion est vive. Le maire, joint par téléphone, a exprimé sa colère et son inquiétude. « C'est un acte d'une gravité extrême. Nous avons eu très peur pour les habitations et pour les cultures. Heureusement, les pompiers ont été rapides et efficaces », a-t-il déclaré. La préfecture de Tarn-et-Garonne a rappelé que tout acte d'incendie volontaire est passible de lourdes peines, pouvant aller jusqu'à vingt ans de réclusion criminelle et 300 000 euros d'amende, en fonction des circonstances et des dommages causés.
Les enquêteurs explorent plusieurs pistes, dont celle d'un conflit local ou d'un différend foncier, mais aussi celle d'un pyromane agissant en série. La simultanéité des départs de feu suggère une organisation minutieuse et une connaissance précise du terrain. Les gendarmes ont multiplié les auditions dans le voisinage et procèdent à l'analyse des images des caméras de vidéosurveillance des axes routiers alentour. Un appel à témoins a également été lancé pour recueillir tout élément susceptible de faire avancer l'enquête.
Les dégâts écologiques sont significatifs: 16 hectares de garrigue, de chênes verts et de pins brûlés, une perte pour la biodiversité locale qui mettra des années à se reconstituer. Les services de l'Office national des forêts (ONF) et de la direction départementale des territoires (DDT) doivent évaluer les mesures de restauration nécessaires. En attendant, la vigilance reste de mise dans tout le département, placé en risque sévère d'incendie par Météo-France en raison des températures élevées et de l'absence de précipitations significatives depuis plusieurs semaines.



