La course au Ballon d'or 2026 est officiellement lancée, et jamais le suspense n'aura été aussi grand. Alors que l'Espagne vient de remporter la Coupe du monde aux États-Unis, le scrutin prévu le 26 octobre à Londres s'annonce particulièrement ouvert. Contrairement aux éditions précédentes où un joueur s'imposait naturellement comme le favori, cette année, aucun candidat ne se détache nettement du peloton.

Le sacre de la Roja, obtenu après une finale maîtrisée face à l'Argentine (1-0 a.p.), place les joueurs espagnols en bonne position. Mais comme le rappelle France Football, « gagner la Coupe du monde est un atout, mais ne garantit pas le Ballon d'Or. Pour l'emporter, il faut avoir été le meilleur joueur de la saison, et pas seulement de la Coupe du monde ». Un constat qui s'est vérifié à plusieurs reprises par le passé.

Parmi les champions du monde espagnols, plusieurs noms émergent sans qu'aucun ne s'impose comme le leader incontesté. Rodri, élu meilleur joueur du tournoi et déjà sacré Ballon d'or après l'Euro 2024, pourrait postuler. Cependant, son bilan en club cette saison est moins flatteur: Manchester City n'a pas remporté la Premier League et s'est arrêté en huitièmes de finale de la Ligue des champions. De quoi affaiblir sa candidature.

Lamine Yamal, la jeune star du FC Barcelone, a remporté la Liga et a été l'un des artisans du succès espagnol. Mais son apport statistique pendant le Mondial reste modeste avec un seul but contre l'Arabie saoudite et aucune passe décisive, même s'il a provoqué un penalty décisif en demi-finale contre la France. Mikel Merino a brillé dans les grands rendez-vous, tant avec Arsenal — champion d'Angleterre et finaliste de la Ligue des champions — qu'en sélection, mais son profil semble moins taillé pour une récompense individuelle.

Le principal problème pour les Espagnols pourrait être la dispersion des voix. Contrairement à la France avec Kylian Mbappé ou à l'Argentine avec Lionel Messi, l'Espagne ne dispose pas d'un porte-drapeau clairement identifié. Cette situation pourrait profiter à des joueurs qui, sans avoir soulevé le trophée mondial, ont réalisé des saisons exceptionnelles.

Lionel Messi, finaliste malheureux avec l'Argentine qu'il a portée à bout de bras tout au long du tournoi, reste un candidat sérieux. Kylian Mbappé, meilleur buteur de la Liga, de la Ligue des champions et de la Coupe du monde, a marqué les esprits par ses performances individuelles. Ousmane Dembélé, qui a tout gagné avec le PSG et inscrit six buts pendant le Mondial, pourrait également tirer son épingle du jeu.

Les deux stars du Bayern Munich, Harry Kane et Michael Olise, demi-finalistes de la Coupe du monde, ont affolé les compteurs tout au long de la saison et pourraient surprendre. Depuis 1995, seuls quatre joueurs sur sept ont réalisé le doublé Coupe du monde-Ballon d'or, ce qui relativise l'importance du titre mondial dans l'attribution de la récompense.

L'histoire récente montre d'ailleurs que le Ballon d'or peut échapper aux champions du monde. En 2010, Lionel Messi avait raflé le trophée au nez et à la barbe des Espagnols pourtant sacrés en Afrique du Sud. Cristiano Ronaldo en 2014 et Luka Modric en 2018 avaient également été plébiscités sans être champions du monde. En revanche, Messi avait bien remporté la timbale en 2023, quelques mois après le sacre de l'Albiceleste au Qatar.

Le nom des 30 candidats retenus pour le Ballon d'or 2026 sera dévoilé en septembre, offrant un premier aperçu des forces en présence. D'ici là, les débats vont bon train dans les rédactions sportives et sur les réseaux sociaux, chacun défendant son favori. Une chose est sûre: le scrutin du 26 octobre s'annonce comme l'un des plus indécis de ces dernières années.