L'AS Monaco, tout juste sacrée championne de France de basket pour la troisième fois de son histoire, se trouve dans une situation inédite et préoccupante. La Direction nationale du contrôle de gestion et du contrôle des championnats (DNCCG), le gendarme financier de la Ligue nationale de basket (LNB), a annoncé vendredi qu'elle refusait d'engager le club de la principauté pour la saison 2026-2027. La décision, qualifiée de « coup de tonnerre » par plusieurs observateurs, signifie que Monaco ne pourrait participer ni à la Betclic Élite, l'élite du basket français, ni même à l'Élite 2, la division inférieure, la saison prochaine.
La LNB a justifié cette mesure radicale par « l'absence de garantie suffisante sur la viabilité économique du club ». Selon les informations disponibles, la situation financière de l'AS Monaco est très précaire depuis plusieurs mois, et le récent titre national, acquis il y a moins de dix jours, n'a pas suffi à rassurer les instances de contrôle. Le club, qui évolue au plus haut niveau et participe régulièrement à l'Euroligue, est confronté à des difficultés budgétaires majeures, bien que les montants exacts des dettes ou des déficits n'aient pas été divulgués publiquement.
Cette exclusion intervient dans un contexte de tensions financières récurrentes dans le basket professionnel français. Plusieurs clubs ont connu des problèmes de trésorerie ces dernières années, mais il est extrêmement rare qu'un champion de France en titre soit ainsi écarté des compétitions professionnelles. La décision de la DNCCG, qui a été notifiée au club vendredi, a provoqué une onde de choc dans le monde du basket. Les supporters monégasques, qui fêtaient encore le troisième sacre national du club, sont sous le choc, tandis que les dirigeants du club préparent déjà leur riposte.
L'AS Monaco devrait en effet faire appel de cette décision auprès de la Fédération française de basket (FFBB). Cet appel, s'il est accepté, pourrait permettre au club de participer à la saison 2026-2027 sous conditions, ou de bénéficier d'un délai pour assainir ses comptes. La procédure d'appel est désormais cruciale pour l'avenir immédiat du club, qui risque de perdre non seulement sa place en Betclic Élite, mais aussi ses joueurs, son staff et ses partenaires commerciaux. Le temps presse, car la saison prochaine doit débuter dans quelques mois, et les calendriers des championnats sont déjà en cours d'élaboration.
L'AS Monaco, présidée par Oleksiy Yefimov, est devenue ces dernières années l'un des clubs les plus ambitieux du basket français, attirant des joueurs de renom international comme Mike James, Jordan Loyd ou encore Donatas Motiejūnas. Le club a remporté son premier titre de champion de France en 2023, puis un deuxième en 2025, avant de décrocher le troisième en 2026. Il a également atteint le Final Four de l'Euroligue à plusieurs reprises, s'imposant comme une place forte du basket européen. Cette réussite sportive contraste fortement avec les difficultés financières qui le frappent aujourd'hui.
Les conséquences de cette exclusion pourraient être désastreuses pour le club. Au-delà de l'aspect sportif, c'est tout un écosystème qui est menacé: les salaires des joueurs, les contrats des sponsors, les abonnements des supporters, et la réputation même du club. Les joueurs sous contrat pourraient être libérés de leurs engagements si le club n'est pas en mesure de les honorer, ce qui entraînerait un exode massif des talents. De plus, l'absence de participation à l'Euroligue, compétition très lucrative, priverait le club de revenus essentiels.
La décision de la DNCCG soulève également des questions plus larges sur la gouvernance financière du basket professionnel en France. Certains observateurs estiment que les règles de contrôle de gestion sont trop strictes et qu'elles pénalisent les clubs qui prennent des risques pour atteindre le haut niveau. D'autres, au contraire, saluent la rigueur de l'instance, qui protège les clubs de l'endettement excessif et des faillites retentissantes. Quoi qu'il en soit, l'affaire Monaco met en lumière les fragilités structurelles d'un sport où les budgets sont souvent disproportionnés par rapport aux recettes.
Dans l'immédiat, l'AS Monaco va devoir présenter un plan de redressement crédible à la FFBB pour espérer obtenir un sursis. Le club pourrait également chercher des investisseurs ou renégocier ses dettes avec ses créanciers. La balle est désormais dans le camp des dirigeants monégasques, qui doivent prouver qu'ils peuvent assainir les finances du club sans compromettre son avenir sportif. La décision finale de la fédération est attendue dans les prochaines semaines, et elle sera scrutée de près par l'ensemble du monde du basket français.



