Cédric Jubillar, le principal accusé dans la disparition de son épouse Delphine en décembre 2020, a finalement reconnu sa responsabilité dans les faits. Dans une lettre manuscrite envoyée à ses avocats, Me Pierre et Guy Debuisson, il admet être à l'origine de la mort de Delphine Jubillar. Les deux avocats toulousains ont tenu une conférence de presse ce lundi pour détailler les aveux de leur client, cinq ans après les faits survenus à Cagnac-les-Mines, dans le Tarn.
Selon les déclarations de la défense, Cédric Jubillar a expliqué que son couple s'était dégradé et qu'une énième dispute avait dégénéré dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020. Il n'emploie pas le terme de meurtre, mais ses avocats évoquent « ce qui s'apparente à un crime passionnel », refusant la qualification de féminicide. Cette ligne de défense semble viser une requalification en coups ayant entraîné la mort sans intention de la donner, un espoir pour la défense qui cherche à atténuer la gravité des charges.
Dans ses aveux, Cédric Jubillar affirme avoir immédiatement pensé à ses enfants après avoir réalisé ce qu'il avait fait. Il aurait pris la décision quasi immédiate de déplacer le corps de sa femme pour les épargner. Il a chargé le corps dans son véhicule, un élément clé du premier procès, pour le transporter vers un lieu qu'il n'a pas encore révélé publiquement. Il a toutefois fourni quelques indications aux magistrats, réservant les détails précis pour les enquêteurs.
La question du timing de ces aveux a été abordée par les avocats. Me Pierre Debuisson a expliqué que son client avait besoin de « libérer sa conscience » et qu'il n'avait jamais eu les moyens de dire la vérité auparavant, en raison de la médiatisation intense de l'affaire et de la pression des enquêteurs. « J'ai ressenti que Cédric Jubillar avait besoin et envie de parler et aujourd'hui nous avons la vérité », a-t-il confié. Il a également assuré que la crédibilité des aveux était totale, émanant d'un profond sentiment et d'une envie réelle.
Ces révélations bouleversent le calendrier judiciaire. Le procès en appel devait s'ouvrir devant la cour d'assises de Toulouse le 21 septembre prochain, mais ce délai semble désormais intenable. Les avocats de la défense estiment qu'il est impossible de maintenir cette date, qualifiant une telle décision de « grotesque ». Ils plaident pour un report afin de permettre de nouvelles auditions, des fouilles et des analyses sur le corps de Delphine si celui-ci est retrouvé. La décision finale reviendra à la présidente de la cour.
La défense en a profité pour critiquer l'enquête, qu'elle qualifie de « bâclée ». Me Guy Debuisson a déclaré que si le travail avait été bien fait, Cédric Jubillar aurait avoué en quelques semaines ou quelques mois. Ces critiques s'inscrivent dans la lignée de celles formulées par les précédents avocats de l'accusé. Les aveux pourraient également avoir un impact sur le régime de détention de Cédric Jubillar, que ses avocats contestent vivement.
L'affaire Jubillar, qui a captivé l'opinion publique française depuis la disparition de Delphine en 2020, connaît donc un rebondissement majeur. Les prochaines étapes judiciaires dépendront des décisions des magistrats, mais il est clair que ces aveux ouvrent une nouvelle phase dans cette procédure complexe. La famille de Delphine Jubillar, ainsi que ses enfants, attendent désormais des réponses concrètes sur les circonstances exactes de sa mort et la localisation de son corps.



