La finale de la Coupe du monde 2026, qui a vu l'Espagne s'imposer face à l'Argentine dimanche au MetLife Stadium, n'a pas échappé à la vague de désinformation qui accompagne habituellement les grands événements internationaux. Plusieurs contenus trompeurs ont circulé massivement sur les réseaux sociaux, mêlant images générées par intelligence artificielle, vidéos sorties de leur contexte et manipulations visuelles. Les équipes de vérification des faits de plusieurs médias, dont 20 Minutes, se sont penchées sur ces intox pour rétablir la réalité des faits.
L'une des intox les plus virales concerne le joueur espagnol Lamine Yamal. Une photo le montrant brandissant un trophée de la Coupe du monde, enveloppé dans un drapeau palestinien, a été largement partagée. En réalité, cette image a été générée par intelligence artificielle. Si Lamine Yamal a effectivement arboré un drapeau palestinien par le passé, c'était en mai dernier, lors de la parade célébrant le 29e titre de Liga du FC Barcelone, son club de l'époque. La photo truquée s'inspire d'un cliché authentique publié par le joueur sur son compte Instagram. En comparant les deux images, on constate que la disposition des personnes en arrière-plan diffère. L'outil de détection d'OpenAI a confirmé que l'image portait un filigrane SynthID, une marque numérique laissée par les outils d'OpenAI, attestant de son origine artificielle.
Une autre vidéo largement relayée prétendait montrer la réaction déçue du président de la FIFA, Gianni Infantino, après le but espagnol de Ferran Torres. L'extrait de 16 secondes, cumulant des millions de vues sur X et TikTok, montre Infantino affichant une mine renfrognée. Mais cette séquence n'a pas été filmée pendant la finale. Ce jour-là, le président de la FIFA se trouvait en tribune derrière une vitre de protection, invisible dans la vidéo. On aperçoit également, pendant trois secondes, le drapeau du Maroc sur un panneau LED situé sous Infantino. La vidéo originale, retrouvée sur le compte Instagram du média marocain « le 360 », indique qu'elle a été filmée « après le but d'Azzedine Ounahi face au Canada », lors d'un match des Lions de l'Atlas. Le contexte a donc été complètement détourné.
Enfin, une rumeur a prétendu que le feu d'artifice tiré après le match était aux couleurs de l'Argentine, bleu et blanc, alimentant les soupçons de favoritisme de la FIFA envers l'Albiceleste. Des internautes ont partagé une vidéo où les explosions semblaient effectivement arborer ces teintes. Cependant, des images filmées sous d'autres angles, depuis l'intérieur et l'extérieur du stade, montrent que les feux d'artifice étaient en réalité blancs. Une photographie prise par un journaliste de l'AFP lors de la remise du trophée confirme cette version. La vidéo trompeuse a probablement été modifiée au niveau de la colorimétrie, ou il pourrait s'agir d'un simple effet d'optique lié à la captation sur un écran de télévision.
Cette vague de désinformation illustre une nouvelle fois la facilité avec laquelle des contenus manipulés peuvent se propager lors d'événements sportifs majeurs. Les outils de vérification, comme les détecteurs d'IA ou l'analyse des sources originales, restent essentiels pour contrer ces intox. Pendant ce temps, du côté des joueurs, la défaite argentine a laissé des traces. Le gardien Emiliano Martinez a publié un message sur Instagram mardi, se demandant « s'il est temps de faire un pas de côté » après cette finale perdue. Lionel Messi, de son côté, est rentré à Rosario pour se reposer en famille après la déception. La finale de la Coupe du monde 2026 restera donc marquée non seulement par le sacre espagnol, mais aussi par une bataille d'images où la réalité a parfois eu du mal à se faire entendre.



