L'Argentine a décroché son billet pour les demi-finales de la Coupe du monde 2026 au terme d'un match haletant contre la Suisse, samedi à Kansas City. Menés 1-0 jusqu'à la 70e minute, les coéquipiers de Lionel Messi ont finalement renversé la situation en prolongation pour s'imposer 3-1. Mais cette qualification, la troisième en trois matches où l'Albiceleste a dû puiser dans ses réserves, est entachée par une vive polémique arbitrale qui ne cesse d'enflammer les débats.

Le tournant du match est survenu à la 70e minute, lorsque l'arbitre portugais Joao Pinheiro a d'abord adressé un carton jaune au milieu argentin Leandro Paredes pour une faute sur Breel Embolo. Saisi par son assistant vidéo, l'arbitre a revu les images au ralenti et constaté que l'attaquant suisse avait simulé le contact. Il a donc annulé le jaune de Paredes et infligé un second avertissement à Embolo, déjà sanctionné en première période pour une grosse faute sur le même joueur. Ce deuxième carton jaune a entraîné l'expulsion de l'attaquant du Stade Rennais, laissant la Suisse à dix contre onze pour le reste du temps réglementaire et les prolongations.

Cette décision, bien que conforme aux nouvelles règles de la Coupe du monde — la vidéo peut désormais intervenir pour un second avertissement menant à une expulsion —, a provoqué la colère des Suisses. Sur la pelouse, les joueurs helvètes ont crié au scandale, tandis que les supporters et les anti-Argentins ont envahi les réseaux sociaux de critiques. Le sélectionneur suisse Murat Yakin n'a pas mâché ses mots après la rencontre: « Des coups de coude, des coups de tête, des semelles, a-t-il énuméré, relayé par les médias suisses. Puis l'arbitre a distribué un carton jaune pour une action qui ne méritait jamais un avertissement. Au final, c'est nous qui sommes punis pour une erreur de l'arbitre. Aujourd'hui, c'est le football qui a perdu. »

Au-delà de cette expulsion, Yakin a dénoncé un arbitrage globalement favorable aux Argentins, estimant que chaque situation litigieuse tourne en leur faveur depuis le début du tournoi. « Comme d'habitude dans cette Coupe du monde — parlez-en aux Égyptiens », a-t-il ajouté, en référence au huitième de finale où l'Argentine avait remonté deux buts dans le dernier quart d'heure pour éliminer l'Égypte. Les Suisses, qui avaient bien résisté jusqu'à l'expulsion, ont vu leur rêve s'effondrer en prolongation, encaissant deux buts tardifs qui ont scellé leur sort.

De leur côté, les Argentins reconnaissent avoir souffert. Le sélectionneur Lionel Scaloni a admis sans détour: « La réalité, c'est que nous avons souffert. » Mais l'essentiel est là: l'Argentine, tenante du titre, poursuit sa route et affrontera l'Angleterre mercredi à Atlanta en demi-finale. Ce match s'annonce électrique, d'autant que les Anglais, emmenés par Jude Bellingham et Harry Kane, chercheront à prendre leur revanche après la finale de 2022 perdue aux tirs au but.

Cette nouvelle polémique arbitrale relance le débat sur l'utilisation du VAR et les nouvelles règles de la vidéo. Si la technologie permet de corriger certaines erreurs, elle suscite aussi des frustrations, notamment lorsqu'elle intervient sur des décisions subjectives comme la simulation. Pour les Suisses, l'amertume est d'autant plus grande qu'ils estiment avoir été privés d'une chance légitime de se qualifier pour le dernier carré. Le football, lui, continue de chercher l'équilibre entre justice et fluidité du jeu.

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Analyste économie

Bastien Perrin couvre pour Cortex Luxe l’actualité, la politique, l’économie, la société et la culture. Son travail met l’accent sur la vérification, le contexte et la clarté pour les lecteurs.