L’Iran rend un dernier hommage à son guide suprême, Ali Khamenei, tué le 28 février dernier lors des frappes israélo-américaines qui ont déclenché la guerre contre la République islamique. Ce dimanche 5 juillet, une grande prière a été organisée à la Grande Mosalla de Téhéran, où le cercueil de l’ancien dirigeant est exposé depuis la veille. Les autorités ont déclaré dimanche et lundi jours fériés dans tout le pays pour permettre aux Iraniens de se rendre dans la capitale et de participer aux cérémonies.

La foule s’est massée dans les rues de Téhéran pour assister à cette prière solennelle, marquée par une absence remarquée: celle de Mojtaba Khamenei, fils du défunt et successeur désigné. Selon les informations disponibles, Mojtaba n’a pas participé à la cérémonie, sans que les raisons de cette absence soient officiellement expliquées. Cette situation alimente les spéculations sur d’éventuelles tensions au sein de la direction iranienne, alors que le pays traverse une période de guerre et de deuil national.

Les funérailles d’Ali Khamenei se déroulent sur une semaine, avec des commémorations organisées à travers tout le pays. Après Téhéran, le cercueil doit être transporté dans d’autres villes d’Iran, ainsi que dans l’Irak voisin, où le guide suprême bénéficiait d’une forte influence religieuse et politique. Les autorités ont mis en place un dispositif de sécurité renforcé pour encadrer les déplacements de la dépouille et les rassemblements populaires.

Ali Khamenei, qui a dirigé l’Iran pendant près de quatre décennies, a été tué lors d’une série de frappes israélo-américaines qui ont visé des sites stratégiques de la République islamique. Ces frappes ont marqué un tournant majeur dans le conflit régional, entraînant une escalade militaire et une guerre ouverte entre l’Iran, les États-Unis et Israël. La mort du guide suprême a plongé le pays dans une période d’incertitude politique, alors que la guerre se poursuit et que les négociations de cessez-le-feu restent fragiles.

Les cérémonies funéraires ont débuté samedi matin, avec l’exposition du cercueil dans un sanctuaire de Téhéran. Pendant trois jours, les Iraniens peuvent venir se recueillir devant la dépouille de leur guide, avant que les funérailles ne se poursuivent dans d’autres villes. Les images diffusées par les médias locaux montrent des foules immenses, composées d’hommes, de femmes et d’enfants, venus rendre un « ultime hommage » à celui qui a incarné le pouvoir suprême en Iran pendant des décennies.

La guerre déclenchée par les frappes du 28 février a profondément marqué la société iranienne. Les funérailles d’Ali Khamenei offrent un moment de recueillement collectif, mais aussi de tensions latentes. L’absence de Mojtaba Khamenei, considéré comme le successeur naturel de son père, soulève des questions sur la continuité du régime. Certains observateurs estiment que cette absence pourrait être liée à des divergences internes sur la conduite de la guerre ou sur la succession elle-même.

Dans les rues de Téhéran, les familles se sont déplacées en nombre pour participer aux cérémonies. Des mères, accompagnées de leurs enfants, ont exprimé leur attachement au guide défunt, tout en appelant à la fin du conflit. « Nous sommes venus pour lui dire adieu, mais nous prions aussi pour que la paix revienne », a déclaré une femme interrogée par les médias locaux. Ces témoignages reflètent l’ambivalence d’une population partagée entre le deuil et l’espoir d’un avenir plus stable.

Les funérailles se poursuivront dans les prochains jours à Qom, Machhad et d’autres villes saintes d’Iran, avant de se rendre en Irak, où le guide suprême était vénéré par de nombreux chiites. La dépouille d’Ali Khamenei sera inhumée dans un lieu qui n’a pas encore été officiellement annoncé, mais qui devrait être un sanctuaire religieux majeur. En attendant, le pays reste en état d’alerte, alors que la guerre avec les États-Unis et Israël continue de faire rage.

Auteur

Correspondant politique

Adrien Delorme couvre pour Cortex Luxe l’actualité, la politique, l’économie, la société et la culture. Son travail met l’accent sur la vérification, le contexte et la clarté pour les lecteurs.