La Russie a annoncé ce samedi avoir abattu des dizaines de drones ukrainiens au-dessus de Saint-Pétersbourg, la deuxième ville du pays et ville natale du président Vladimir Poutine. Selon le gouverneur Alexandre Beglov, un terminal pétrolier a été touché et un drone s’est écrasé sur le complexe historique de Peterhof, sans faire de victimes ni causer de dégâts majeurs. « Les conséquences techniques ont été résolues. Il n’y a pas eu de victime », a-t-il écrit sur les réseaux sociaux. Peterhof, situé sur les rives de la mer Baltique, est célèbre pour son palais impérial et ses fontaines, souvent comparé au château de Versailles.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a affirmé que la base navale de Kronstadt, également à Saint-Pétersbourg, avait été visée avec succès lors de ces frappes. « Les forces de défense de l’Ukraine ont frappé des infrastructures pétrolières portuaires qui génèrent des revenus pour la guerre menée par la Russie, et il y a également eu des frappes réussies sur Kronstadt — une cible militaire importante », a-t-il déclaré sur les réseaux sociaux. Des débris de drone sont également tombés près du port de Vysotsk, au nord de Saint-Pétersbourg et proche de la frontière finlandaise, selon le gouverneur de la région de Leningrad, Alexandre Drozdenko. Cette attaque intervient après un bombardement russe massif contre Kiev qui a fait 30 morts cette semaine.

Sur le front de l’Est, l’armée ukrainienne a démenti ce samedi l’annonce par Moscou de la prise de la ville stratégique de Kostyantynivka, dans l’oblast de Donetsk. Le porte-parole militaire Andriï Kovaliov a reconnu une « situation difficile », mais assuré que les soldats ukrainiens défendaient toujours la ville et que des combats se poursuivaient. « L’ennemi continue d’essayer de s’emparer de Kostyantynivka. De petits groupes d’infanterie (d’une à trois personnes) ont réussi à s’infiltrer profondément dans les formations de combat des forces ukrainiennes », a-t-il précisé, ajoutant que « des opérations de contre-sabotage menées par les Forces de défense sont en cours dans la ville ». Selon lui, la Russie a mené 11 tentatives d’assaut vendredi, sans succès. Le président Zelensky a qualifié la revendication russe de « mensonge », après l’apparition de Vladimir Poutine en uniforme militaire à la télévision, remerciant ses troupes pour la prise de cette ville d’« importance stratégique majeure ».

Par ailleurs, la Fédération russe d’athlétisme a exprimé sa « déception » après la décision de World Athletics de maintenir l’exclusion des sportifs russes et biélorusses de toutes ses compétitions, politique en vigueur depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022. World Athletics, qui avait réexaminé cette mesure en 2023, 2025 et mars 2026, a justifié son maintien en arguant qu’« aucune avancée concrète vers des négociations de paix ne s’était matérialisée ». Dans un communiqué, la fédération russe a regretté une décision allant « à l’encontre des principes olympiques et des tendances actuelles du sport mondial ». Le Comité international olympique (CIO) a annoncé en mai qu’il ne recommandait plus de restrictions contre les athlètes biélorusses, tout en maintenant celles visant les Russes. En revanche, les instances mondiales de la gymnastique, du judo et de la natation ont voté la pleine réintégration des deux pays, tandis que la boxe a suivi le CIO en levant seulement les restrictions contre les Biélorusses.

Cette nouvelle attaque de drones sur Saint-Pétersbourg, à près de 1 000 kilomètres de la frontière ukrainienne, illustre la capacité croissante de Kiev à frapper en profondeur le territoire russe, ciblant des infrastructures économiques et militaires. Les frappes sur le terminal pétrolier et la base navale de Kronstadt visent à réduire les ressources financières de Moscou pour soutenir son effort de guerre. La situation à Kostyantynivka reste tendue, avec des combats de rue signalés, mais l’armée ukrainienne affirme maintenir le contrôle de la ville. Le conflit, qui dure depuis plus de quatre ans, continue de s’étendre à de nouveaux théâtres, tandis que les sanctions sportives internationales isolent davantage la Russie sur la scène mondiale.

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Analyste économie

Bastien Perrin couvre pour Cortex Luxe l’actualité, la politique, l’économie, la société et la culture. Son travail met l’accent sur la vérification, le contexte et la clarté pour les lecteurs.