La déception est immense chez les supporters anglais après l’élimination de leur équipe en demi-finale de la Coupe du monde 2026, mercredi soir, face à l’Argentine (2-1). Menant 1-0 jusqu’à la 84e minute grâce à un but d’Anthony Gordon, les Three Lions ont vu l’Albiceleste renverser la rencontre en toute fin de match, par Enzo Fernandez (85e) puis Lautaro Martinez (90e+2). La finale de dimanche opposera donc l’Argentine à l’Espagne, laissant les Anglais avec un goût d’amertume et de nombreuses questions sur la stratégie adoptée par leur sélectionneur, Thomas Tuchel.
Le technicien allemand, arrivé en 2025 après l’Euro 2024 perdu contre l’Espagne, avait pourtant hérité d’une génération talentueuse, portée par Jude Bellingham, Harry Kane et Phil Foden. Mais son approche prudente, déjà critiquée par le passé, a atteint un sommet lors de cette demi-finale. Alors que l’Angleterre menait au score, Tuchel a procédé à des changements défensifs dès la 72e minute, sortant l’ailier buteur Anthony Gordon pour faire entrer le défenseur central Esri Konsa, passant ainsi à une défense à cinq. Dix minutes plus tard, il a remplacé le latéral droit Reece James par un quatrième défenseur central, Dan Burn, et le milieu défensif Declan Rice par le jeune latéral Nico O’Reilly. Au total, six défenseurs de métier se sont retrouvés sur le terrain, dont quatre centraux, avec un milieu défensif Elliot Anderson et un trio offensif isolé composé de Morgan Rogers, Jude Bellingham et Harry Kane.
Les statistiques de la dernière demi-heure sont éloquentes: l’Angleterre n’a effectué que 18 passes dans le camp adverse, contre 193 pour l’Argentine, et n’a possédé le ballon qu’à 12 %. Un recul spectaculaire qui a transformé le match en un véritable siège, les Argentins multipliant les occasions jusqu’à l’égalisation puis le but de la victoire. « Je ne sais pas pourquoi on a autant défendu », a résumé un supporter anglais, interrogé par France Info, résumant le sentiment général. Sur les réseaux sociaux, les critiques fusent contre Tuchel, dont les choix rappellent ceux de son prédécesseur Gareth Southgate, souvent accusé de jouer trop défensivement dans les grands rendez-vous.
Cette défaite est d’autant plus cruelle que l’Angleterre n’a plus remporté de titre majeur depuis la Coupe du monde 1966. Les Three Lions avaient pourtant montré de belles choses dans ce tournoi, avec des victoires convaincantes en phase de groupes et en huitièmes de finale contre le Mexique (3-2), malgré une infériorité numérique. Mais face à l’Argentine, l’équipe a semblé paralysée par la peur de perdre, comme l’avait lui-même analysé Tuchel en mars 2025 à propos de l’Euro 2024: « Les joueurs avaient davantage peur d’être éliminés du tournoi qu’ils n’avaient l’enthousiasme d’aller le gagner. » Un constat qui s’applique cruellement à son propre groupe, mercredi soir.
Le capitaine Harry Kane, muet lors de cette demi-finale, a tenté de défendre ses coéquipiers, mais la déception était palpable. Jude Bellingham, l’une des stars de l’équipe, n’a pas caché sa frustration après le match. L’avenir de Thomas Tuchel à la tête de la sélection est désormais incertain, d’autant que l’Angleterre accueillera l’Euro 2028. Les supporters, eux, peinent à digérer ce scénario cruel, où une avance confortable s’est transformée en cauchemar en quelques minutes. La finale Argentine-Espagne promet d’être un choc, mais pour les Anglais, le goût amer de cette défaite restera longtemps.



