La capitale espagnole s'est embrasée mardi soir à l'occasion de la demi-finale de la Coupe du monde entre l'Espagne et la France. Dès le début de l'après-midi, les rues de Madrid se sont parées de rouge et jaune, les couleurs nationales, tandis que les supporters affluaient vers les fan zones et les bars pour vivre ce choc tant attendu. L'ambiance, décrite comme « incomparable » par les commerçants, témoignait de l'importance de ce rendez-vous pour un peuple passionné de football.

La fan zone de la Plaza Selección, l'une des plus grandes de la ville, a rapidement affiché complet. « Plus personne ne peut rentrer, il faut repartir dans l'autre sens », s'époumonait un agent de sécurité, contraint de refouler des centaines de supporters déçus. Beaucoup se sont alors rabattus sur les bars et restaurants du centre, où la compétition pour une place assise devant un écran a parfois atteint des sommets. Un supporter espagnol a même proposé dix euros pour récupérer une place, offre poliment déclinée.

La boutique officielle de la Roja, située sur la Gran Vía, était en rupture de stock sur certaines tailles de maillots. « C'est incomparable avec ce qu'on a vu jusqu'ici pendant la compétition, confiait un vendeur. Aujourd'hui, c'est particulièrement impressionnant. » Les rues grouillaient de familles, de groupes d'amis et de travailleurs, tous vêtus aux couleurs de l'équipe nationale, dans une atmosphère à la fois festive et tendue.

Sur le terrain, l'Espagne a dominé la France 2-0, grâce à des buts de Lamine Yamal et Dani Olmo, scellant ainsi sa qualification pour la finale. La joie des supporters madrilènes a explosé à chaque but, avec des célébrations qui se sont répétées en écho dans les bars voisins, créant une vague sonore de bonheur collectif. « On veut tous la seconde étoile, on est concentrés sur ça. La grande fête, on la fera à la fin si on gagne », expliquait un chauffeur de taxi, résumant l'état d'esprit général.

Cette ferveur n'a pas été sans quelques tensions. Des voix françaises, amères, se sont élevées dans la foule, accusant l'arbitrage ou déplorant la défaite des Bleus. « C'est pas possible, ils ont payé l'arbitre ces Espagnols », criait un supporter français, tandis qu'un autre évoquait son envie de « tarter » les vainqueurs. Mais ces incidents sont restés marginaux, noyés dans la liesse populaire.

La passion des Espagnols pour le football, parfois teintée de toxicité et de complotisme, s'est exprimée dans toute sa puissance. Les supporters madrilènes, conscients d'avoir vécu un moment historique, ont savouré cette victoire qui les rapproche d'un nouveau titre mondial. La finale, qui se jouera dimanche, promet déjà d'être un nouvel épisode de cette épopée rouge et jaune.

Auteur

Correspondant politique

Adrien Delorme couvre pour Cortex Luxe l’actualité, la politique, l’économie, la société et la culture. Son travail met l’accent sur la vérification, le contexte et la clarté pour les lecteurs.