À trois jours de la demi-finale de la Coupe du monde 2026 entre la France et l'Espagne, une vive polémique a éclaté après les propos de l'ancien Premier ministre espagnol Mariano Rajoy. Ce dernier a déclaré que l'équipe de France alignait un effectif « sans Français », suscitant une réaction immédiate du chef du gouvernement espagnol actuel, Pedro Sanchez, qui a qualifié ces déclarations de « xénophobes ».

Dans une déclaration publique ce dimanche 12 juillet, Pedro Sanchez, issu du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), a fermement condamné les propos de son prédécesseur conservateur. « Ce sont des déclarations xénophobes qui n'ont pas leur place dans le débat public, encore moins à l'occasion d'un événement sportif qui devrait rassembler les peuples », a-t-il affirmé. Le chef du gouvernement a rappelé que la diversité de l'équipe de France était une richesse et non un sujet de critique.

Mariano Rajoy, qui a dirigé l'Espagne de 2011 à 2018, avait salué le « très haut niveau » de l'équipe de France tout en pointant du doigt la composition de son effectif, qu'il a décrit comme « sans Français ». Ces propos ont été largement relayés dans les médias espagnols et français, provoquant une onde de choc dans le monde politique et sportif.

En France, plusieurs personnalités politiques ont également réagi avec fermeté. Des députés et ministres ont dénoncé un « racisme crasseux » et une « haine banalisée » de la part de l'ancien dirigeant espagnol. Certains ont appelé à des excuses officielles de la part de Mariano Rajoy, tandis que d'autres ont souligné que l'équipe de France, championne du monde en 2018, était un symbole de la diversité et de l'intégration à la française.

La polémique intervient dans un contexte de tensions sportives accrues, alors que les deux équipes s'apprêtent à s'affronter pour une place en finale du Mondial. Le match, très attendu, oppose deux nations au palmarès riche et à la rivalité historique. Les déclarations de Mariano Rajoy ont ravivé les débats sur l'identité nationale et l'immigration, des sujets sensibles de part et d'autre des Pyrénées.

Pedro Sanchez a tenu à rappeler que le sport devait rester un vecteur de rapprochement et de respect mutuel. « L'équipe de France est composée de joueurs qui portent fièrement le maillot de leur pays, quelle que soit leur origine. Les attaquer sur ce terrain est inacceptable », a-t-il insisté. Le Premier ministre espagnol a également appelé à ne pas politiser l'événement sportif, tout en condamnant fermement les propos tenus.

De son côté, Mariano Rajoy n'a pas encore répondu publiquement aux critiques. Ses partisans ont tenté de minimiser la portée de ses déclarations, les présentant comme une maladresse ou une plaisanterie. Cependant, la gravité des termes employés et le contexte politique tendu ont amplifié la controverse, qui occupe désormais une place centrale dans les médias espagnols à l'approche du match.

Cette affaire met en lumière les sensibilités autour des questions d'identité et de diversité dans le football, un sport souvent utilisé comme miroir des sociétés. Alors que la France et l'Espagne se préparent à s'affronter sur le terrain, la polémique rappelle que le sport peut aussi être le théâtre de débats politiques et sociaux profonds.

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Céline Girard couvre pour Cortex Luxe l’actualité, la politique, l’économie, la société et la culture. Son travail met l’accent sur la vérification, le contexte et la clarté pour les lecteurs.