Le président de la République, Emmanuel Macron, a annoncé lundi sur le réseau social X qu'une minute de silence serait respectée mardi avant la demi-finale de la Coupe du monde de football 2026 entre la France et l'Espagne. Cette initiative vise à rendre hommage aux 86 victimes de l'attentat djihadiste perpétré à Nice le 14 juillet 2016, il y a exactement dix ans.
La demande avait été formulée par la Fédération française de football (FFF) auprès de la Fédération internationale de football association (Fifa), avec le soutien du député Éric Ciotti. La Fifa a donné son accord, permettant ainsi que ce geste de mémoire soit intégré au protocole de la rencontre, qui se déroulera à 21 heures. Le chef de l'État a remercié le président de la Fifa pour avoir accepté cette requête, soulignant l'importance de ce moment de recueillement dans un contexte sportif international.
L'attentat du 14 juillet 2016 reste l'une des pages les plus sombres de l'histoire récente de la France. Ce soir-là, un camion-bélier a foncé sur la foule rassemblée sur la Promenade des Anglais à Nice pour assister au feu d'artifice de la Fête nationale. L'attaque a fait 86 morts et 458 blessés, laissant des milliers de personnes profondément traumatisées. Dix ans après, la ville de Nice continue de se souvenir, avec des commémorations et des gestes symboliques comme cette minute de silence lors d'un événement sportif de portée mondiale.
La statue « L'Ange de la baie », œuvre du sculpteur niçois Jean-Marie Fondacaro, installée sur la Promenade des Anglais depuis l'été 2022, est devenue un symbole de la mémoire collective. Une exposition intitulée « parcours commémoratif des dix ans de l'attentat » est également présentée au musée municipal Villa Masséna, retraçant les faits historiques et les gestes symboliques qui ont marqué cette décennie. Comme l'explique Jean-Pierre Barbero, directeur de la Villa Masséna, ce parcours « ne pose pas de questions, il commémore les dix ans par les faits historiques et les gestes symboliques », illustrant comment l'acte de mémoire et d'émotion devient patrimoine.
La demi-finale France-Espagne revêt donc une dimension particulière, au-delà de l'enjeu sportif. Elle offre une tribune internationale pour honorer la mémoire des victimes et rappeler l'importance de la solidarité face au terrorisme. Les joueurs des deux équipes, les officiels et les spectateurs présents dans le stade observeront cette minute de silence, un moment de recueillement qui transcende les rivalités sportives. Ce geste s'inscrit dans une série d'initiatives visant à ne pas oublier les attentats qui ont frappé la France, tout en montrant que le sport peut être un vecteur de paix et de mémoire.
Le match, qui se déroule mardi 14 juillet, jour anniversaire de l'attentat, sera également l'occasion pour les familles des victimes et les Niçois de voir leur douleur reconnue à l'échelle mondiale. La décision de la Fifa d'accéder à la demande française témoigne de la sensibilité de l'institution à ces questions mémorielles. Alors que les deux équipes s'affrontent pour une place en finale, ce moment de silence rappellera que, derrière le spectacle sportif, il y a des vies brisées et une communauté qui continue de se reconstruire.



