Une minute de silence sera observée mardi avant le coup d’envoi de la demi-finale de la Coupe du monde entre la France et l’Espagne, en hommage aux victimes de l’attentat de Nice du 14 juillet 2016. La décision a été annoncée ce lundi par le président Emmanuel Macron sur le réseau social X, après que la FIFA a accepté la demande formulée par les autorités françaises et plusieurs acteurs du football.
L’attentat au camion-bélier, perpétré par Mohamed Lahouaiej-Bouhlel sur la Promenade des Anglais, avait fait 86 morts et plus de 400 blessés parmi les quelque 30 000 personnes qui venaient d’assister au feu d’artifice du 14 juillet. Neuf ans après le drame, de nombreuses familles et associations de victimes continuent de réclamer des gestes de reconnaissance nationale, et cette minute de silence lors d’un match à fort retentissement médiatique constitue une avancée symbolique importante.
Le député Eric Ciotti avait plaidé vendredi auprès de la FIFA en faveur de cette minute de silence avant le coup d’envoi, prévu à 21 heures en France. Des personnalités niçoises avaient également lancé un appel en ce sens, et une pétition à l’initiative de proches de victimes avait réuni plus de 8 000 signatures. La Fédération française de football (FFF) avait aussi relayé cette demande, soulignant l’importance de rendre hommage aux victimes, dont 70 enfants qui avaient été accueillis par l’équipe de France à Clairefontaine avant le départ des Bleus pour les États-Unis.
Ce geste intervient dans un contexte sportif particulièrement chargé: la France affronte l’Espagne en demi-finale du Mondial, avec l’ambition de décrocher une troisième finale consécutive. Les Bleus, champions du monde en 2018 et finalistes en 2022, se mesurent à la Roja, championne d’Europe en titre. La presse espagnole s’est dite impressionnée par le niveau de jeu de l’équipe de France, notamment par Kylian Mbappé, tandis que le sélectionneur Didier Deschamps a refusé de se considérer comme favori, estimant que l’Espagne mérite ce statut.
Au-delà de l’enjeu sportif, cette minute de silence rappelle que le football peut aussi servir de vecteur de mémoire collective. Les proches des victimes de l’attentat de Nice espèrent que cet hommage, diffusé en direct dans le monde entier, contribuera à ne pas oublier les 86 vies fauchées et les centaines de blessés qui luttent encore contre les séquelles physiques et psychologiques du traumatisme. Le match, qui se déroulera mardi soir, sera ainsi précédé d’un moment de recueillement, unissant joueurs, supporters et téléspectateurs dans un même souvenir.



