Le Britannique Arthur Féry, 114e joueur mondial et bénéficiaire d'une invitation des organisateurs, a écrit une page d'histoire à Wimbledon ce mercredi 8 juillet en éliminant l'Italien Flavio Cobolli, récent finaliste de Roland-Garros, en trois sets secs (6-4, 7-6 (7/4), 6-0). À 23 ans, le droitier s'offre une place en demi-finales du Grand Chelem londonien, une performance inédite pour un invité depuis 25 ans.
Né en banlieue parisienne de parents français, Arthur Féry a grandi à quelques minutes de l'All England Club, où il a commencé le tennis sur les courts voisins. « C'est comme quelqu'un qui aurait grandi à Boulogne qui disputerait Roland-Garros », a confié son père, Loïc Féry, président du club de football de Lorient, dans les colonnes de L'Équipe. « Il allait à l'école à cinq minutes d'ici, du stade, on voit la petite église, il a toujours habité là. Il a commencé le tennis sur les courts à côté, c'est un Wimbledon boy. Forcément, ça rajoute de l'émotion. »
Après avoir éliminé l'ex-numéro 3 mondial Grigor Dimitrov en huitièmes de finale au terme d'un somptueux bras de fer en cinq manches, Féry a confirmé son talent en quarts en dominant Flavio Cobolli, 10e mondial et finaliste du dernier Roland-Garros. Le score sans appel de 6-4, 7-6 (7/4), 6-0 témoigne de la maîtrise du jeune joueur, qui n'a laissé aucune chance à son adversaire italien. « Je n'arrive pas à y croire », s'est émerveillé le gagnant dans son interview d'après-match. « Dans le dernier jeu, j'ai ressenti des émotions que je n'avais jamais éprouvées auparavant », a-t-il insisté, applaudi à tout rompre par des tribunes conquises.
Arthur Féry n'est que le quatrième bénéficiaire masculin d'une invitation à rallier les demi-finales d'un Grand Chelem, après l'Américain Jimmy Connors (US Open 1991), le Français Henri Leconte (Roland-Garros 1992) et le Croate Goran Ivanisevic (Wimbledon 2001). Cette « wild card » octroyée par les organisateurs lui a permis d'être dispensé des trois tours de qualification pour le tournoi, où il est désormais le dernier Britannique en lice. Sa progression fulgurante rappelle celle de Valentin Vacherot, un autre joueur français ayant choisi une autre nationalité sportive pour percer sur le circuit.
Pour sa première demi-finale en Grand Chelem, le droitier défiera vendredi le récent vainqueur de Roland-Garros Alexander Zverev, 3e mondial, qui a éliminé l'Américain Taylor Fritz (7e) en trois sets (6-4, 6-4, 6-2). Le défi est immense pour Féry, mais son parcours exceptionnel à Wimbledon 2026 a déjà conquis le public britannique et suscité l'admiration des observateurs. « C'est la sensation de ce Wimbledon 2026 », résume Le Figaro, tandis que France Info souligne que le Franco-Britannique « continue son parcours fou ».
Au-delà de la performance sportive, l'histoire d'Arthur Féry interroge sur le choix de nationalité sportive. Né à Paris de parents français, il a grandi en Angleterre et représente la Grande-Bretagne sur le circuit. Son succès à Wimbledon, où il est considéré comme un joueur local, ravive le débat sur les talents français qui choisissent d'autres nationalités pour leur carrière. Mais pour l'instant, le jeune joueur savoure l'instant: « C'est comme un rêve éveillé », a-t-il confié, les yeux brillants, après sa victoire.



