Au Danemark, un village étudiant de 36 logements imprimés en 3D
Les studios SAGA Space Architects et MS+ ont livré à Holstebro, au Danemark, le plus grand projet européen de logements imprimés en 3D. Le village Skovsporet, destiné aux étudiants de l’VIA University College, comprend 36 appartements répartis en six bâtiments. Le béton sans ciment utilisé réduit les émissions de CO₂ de 84 %.
Les studios danois SAGA Space Architects et MS+ ont achevé la construction de Skovsporet, le plus grand ensemble de logements imprimés en 3D d’Europe. Situé à Holstebro, au Danemark, ce village de 36 appartements en rez-de-chaussée, répartis en six bâtiments, a été conçu pour accueillir les étudiants du VIA University College voisin. Les premiers occupants doivent emménager en septembre.
Chaque logement, d’une surface comprise entre 39 et 50 m², forme un véritable petit appartement avec cuisine, espace d’étude, salon, salle de bain et coin nuit. Les grandes fenêtres de toit et les plafonds inclinés laissent entrer la lumière naturelle, tandis que l’association du béton imprimé, des panneaux de liège, du verre et des charpentes traditionnelles donne aux lieux une expression architecturale à la fois chaleureuse et pratique. Les six bâtiments s’organisent autour de cours partagées, de jardins paysagers, de chemins piétonniers et de parkings à vélos, favorisant un cadre de vie qui conjugue indépendance et vie collective.
« Ce projet de logement étudiant prouve que l’impression 3D n’est plus une simple expérience. Nous sommes passés de petits prototypes à 36 véritables habitations et à une communauté entière. C’est à cette échelle que la technologie commence à compter comme un outil sérieux pour l’architecture », souligne Sebastian Aristotelis, cofondateur et architecte principal de SAGA Space Architects.
Le béton utilisé pour l’impression est un mélange sans ciment mis au point par l’entreprise danoise 3DCP Group. Selon ses concepteurs, ce matériau permet de réduire les émissions de CO₂ de 84 % par rapport au béton conventionnel. Cette innovation s’inscrit dans une démarche plus large visant à rendre la construction additive plus durable et plus crédible pour des projets à taille réelle.
Le projet Skovsporet marque une étape dans la montée en échelle de l’impression 3D appliquée au bâtiment. Là où les démonstrateurs se limitaient souvent à des éléments isolés ou à des maisons individuelles, il s’agit ici d’un véritable quartier résidentiel, pensé comme un ensemble cohérent. Les concepteurs ont également porté une attention particulière à l’intégration paysagère et aux espaces communs, afin d’éviter l’effet « prototype » au profit d’un environnement réellement habitable.
Pour les étudiants, ces logements offrent une alternative aux résidences universitaires classiques, avec des surfaces certes modestes mais optimisées. La combinaison de matériaux naturels et de béton imprimé vise à créer une atmosphère domestique, loin de l’austérité souvent associée aux constructions fonctionnelles. Le village comprend aussi des espaces extérieurs aménagés pour la détente et les rencontres, renforçant l’idée d’une vie de quartier.
Avec ce chantier, les deux agences danoises entendent démontrer que l’impression 3D peut répondre à des besoins réels de logement, y compris dans le secteur public et étudiant. Le recours à un béton décarboné et la standardisation des modules pourraient ouvrir la voie à d’autres opérations de ce type en Europe, où la pénurie de logements abordables reste un enjeu majeur.
