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Cortex

27 Septembre 2026

Technologie

Galilée teste avec succès sa première position cryptée face au brouillage

Le système européen de navigation par satellite Galileo a réalisé sa première localisation sécurisée par cryptographie en conditions de leurrage, lors de l'événement Jammertest à Andøya, en Norvège. Une avancée qui pourrait renforcer la résilience des infrastructures dépendantes du GNSS.

Anaïs Aubert 4 min Blog – Hackaday

Le système européen de navigation par satellite Galileo a franchi une étape décisive dans la lutte contre les attaques de leurrage. Lors de l'édition annuelle de Jammertest, qui s'est tenue à Andøya, en Norvège, l'Agence spatiale européenne a obtenu pour la première fois une position vérifiée cryptographiquement alors que des signaux falsifiés étaient diffusés. Cinq satellites Galileo ont été mobilisés pour l'essai, qui s'est déroulé sur une semaine.

Les systèmes de navigation par satellite sont notoirement vulnérables. Leurs signaux, extrêmement faibles au niveau du sol, peuvent être brouillés ou imités par un adversaire modérément équipé. La plupart des constellations, à commencer par le GPS américain, n'intègrent aucun mécanisme de vérification permettant de distinguer un signal authentique d'une émission pirate plus puissante. Un récepteur peut ainsi être détourné sans que l'utilisateur s'en aperçoive, avec des conséquences potentielles pour la navigation, la synchronisation des horloges ou la finance.

Pour répondre à cette menace, Galileo déploie son Signal Authentication System. Le principe repose sur une chaîne cryptographique : la station au sol sélectionne à l'avance des codes d'étalement du signal, les chiffre à l'aide d'une clé secrète régulièrement renouvelée, puis publie ces codes chiffrés. Un récepteur qui anticipe un besoin de signal vérifié peut les télécharger et les stocker avant de se rendre dans une zone à risque.

Les satellites Galileo émettent ensuite sur le signal pilote E6-C. Le récepteur enregistre ce signal. Après la transmission d'un bloc de message, la clé de déchiffrement est envoyée sur un canal séparé. Le récepteur l'utilise pour retrouver les codes d'étalement, puis les corrèle avec le signal enregistré afin de calculer la pseudodistance au satellite. Le procédé, complexe, a fait la preuve de son efficacité lors de l'essai norvégien.

Jammertest rassemble chaque année une large gamme d'organisations venues éprouver la résistance de leurs équipements face à différentes attaques : brouillage, retransmission différée et leurrage. L'Agence spatiale européenne a profité de cette édition pour valider son dispositif en conditions réelles. Selon les résultats rapportés, le récepteur est parvenu à maintenir un verrouillage stable malgré la présence de signaux trompeurs.

L'intérêt de cette méthode dépasse le seul cadre de Galileo. En principe, l'authentification par cryptographie pourrait être étendue à d'autres systèmes de navigation par satellite. La motivation est réelle : des attaques de grande ampleur ont été observées récemment, illustrant la vulnérabilité croissante des infrastructures dépendantes du positionnement satellitaire.

Cette démonstration intervient alors que les signaux GNSS sont devenus indispensables à de nombreux secteurs, des transports à l'énergie en passant par les télécommunications. La capacité à garantir l'authenticité d'une position pourrait donc devenir un critère déterminant pour les opérateurs et les autorités. Galileo, qui se positionne comme une alternative civile au GPS, pourrait tirer de cet avantage technologique un argument de poids face à ses concurrents.

Reste à savoir dans quels délais cette fonctionnalité sera accessible aux utilisateurs finaux. L'essai d'Andøya constitue une preuve de concept, mais son déploiement à grande échelle suppose des récepteurs compatibles et une coordination avec les fabricants. Pour l'heure, l'Europe dispose d'une démonstration concrète : un signal satellite peut être vérifié, même lorsque quelqu'un tente de le falsifier.

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Anaïs Aubert

Auteur

Rédactrice actualités

Anaïs Aubert couvre pour Cortex l’actualité, la politique, l’économie, la société et la culture. Son travail met l’accent sur la vérification, le contexte et la clarté pour les lecteurs.

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