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Cortex

27 Août 2026

Technologie

L'accord de Meta sur l'addiction des mineurs accroît la pression sur YouTube et TikTok

Meta a conclu un accord de 16,68 milliards de dollars avec plusieurs États américains pour clore les poursuites liées au caractère addictif de ses plateformes. L'accord prévoit des restrictions d'usage qui se durciront si YouTube et TikTok adoptent des mesures similaires, augmentant la pression sur l'ensemble du secteur.

La rédaction 4 min

L'accord conclu par Meta pour mettre fin aux poursuites de plusieurs États américains concernant le caractère addictif de Facebook et Instagram auprès des mineurs accroît la pression sur YouTube et TikTok pour qu'ils renforcent leurs mesures de protection des plus jeunes utilisateurs. Le compromis, qui doit encore être approuvé par un tribunal fédéral d'Oakland, en Californie, prévoit un versement de 16,68 milliards de dollars, soit environ 14,31 milliards d'euros, ainsi qu'une série de mesures destinées à protéger les adolescents de treize à dix-sept ans et les enfants de moins de treize ans.

La particularité de cet accord réside dans son mécanisme conditionnel. Les restrictions imposées à Meta deviendront en effet plus strictes si d'autres entreprises technologiques, comme Google, propriétaire de YouTube, et ByteDance, qui opère TikTok, adoptent des limitations similaires, a expliqué le procureur de Californie, Rob Bonta, lors d'une conférence de presse. À titre d'exemple, le plafond d'utilisation quotidienne fixé pour les adolescents sur les plateformes de Meta est de deux heures. Si d'autres acteurs prennent des engagements comparables, cette limite sera ramenée à une heure par jour.

« C'est notre espoir : obtenir ces protections renforcées et des engagements plus significatifs de la part de Meta, à condition que nous parvenions à des accords avec d'autres acteurs de l'industrie », a insisté le procureur. La Californie et plusieurs autres États maintiennent par ailleurs des poursuites en cours contre TikTok et Snap. Le versement de Meta est également conditionné à ces futurs accords : la société paiera au moins 12,1 milliards de dollars sur dix ans pour résoudre les litiges, tandis que les 5,3 milliards restants seront débloqués après la conclusion d'accords avec d'autres entreprises de réseaux sociaux.

La plainte contre Meta alléguait que la société avait conçu ses réseaux sociaux pour générer une addiction chez les mineurs et trompait le public sur les dangers de ses plateformes, ignorant les dommages causés à la santé mentale et physique des jeunes. Les États de Californie, du Colorado, du Kentucky et du New Jersey accusaient également Meta d'avoir violé la loi fédérale sur la protection de la vie privée des enfants en ligne (COPPA) en collectant des données de mineurs, ainsi que les lois étatiques de protection des consommateurs.

« C'est un problème qui touche toute l'industrie. Meta en fait partie et c'est un acteur important, mais il existe un écosystème beaucoup plus large ; nous ne serons pas satisfaits tant que nous n'aurons pas traité les problèmes de tout le secteur », a déclaré Rob Bonta. Le procureur, qui espère obtenir des engagements de l'ensemble de l'industrie, a assuré que les efforts se concentreraient désormais sur TikTok et Snap, tout en exprimant sa « grande inquiétude » concernant YouTube.

Cet accord intervient alors que la pression réglementaire sur les plateformes sociales ne cesse de croître aux États-Unis, où plusieurs études ont documenté l'impact négatif des réseaux sociaux sur la santé mentale des adolescents. Les modalités précises des restrictions, notamment les dispositifs de vérification de l'âge et les modes nocturnes restreints, devraient être détaillées dans les prochaines semaines, en attendant la validation du tribunal californien.

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