Le Slurptop, un ordinateur portable bricolé avec une batterie d’outil amovible
Ce cyberdeck artisanal reprend l’esthétique des outils électroportatifs et s’alimente avec une batterie 24V de perceuse, avec quelques compromis assumés.
Le Slurptop emprunte sa batterie à l’atelier, et sa carcasse ne cherche pas à le dissimuler. Ce cyberdeck fait maison enferme du matériel de mini PC dans une coque en forme de clamshell jaune et noire, dotée d’une poignée de transport intégrée et de touches mécaniques. Il s’agit d’un projet personnel achevé, et non d’un ordinateur portable commercialisé, conçu pour la programmation, un peu de conception graphique et des commandes qui ne s’excusent pas de prendre de la place.
Le boîtier anguleux, imprimé en 3D, s’inspire des outils électroportatifs et en reprend les commandes très visibles. Le cadre jaune est en plastique chargé de fibres de verre, tandis que les éléments noirs utilisent des filaments chargés de fibres de carbone. Une barre en aluminium renforce la zone de la charnière, et plusieurs couches structurelles sont fixées par des boulons communs. La poignée s’insère entre les sections de la coque, si bien que l’assemblage du boîtier la verrouille en place avant la pose de ses propres vis de fixation. Le projet est signé Slurpburgers.
Une fois le couvercle ouvert, le clavier s’impose immédiatement. Ses 82 touches mécaniques sont regroupées en blocs inclinés plutôt qu’en rangées droites comme sur un portable classique, et une trackball verte se trouve près du centre avant. Cette bille repose sur trois roulements céramiques, au-dessus d’un capteur récupéré sur une souris de jeu. Il est ainsi possible de déplacer le pointeur sans libérer de place pour une souris séparée.
L’écran reste plus conventionnel : il s’agit d’une dalle de 14 pouces en définition 1920 par 1200, au format 16:10. Sous la coque personnalisée se trouve le matériel d’un mini PC GMKtec M5 Ultra, avec un processeur AMD Ryzen 7 7730U, 64 Go de mémoire vive et un SSD de 500 Go. Le système CachyOS fournit un environnement de bureau Linux familier, ce qui offre un cadre informatique reconnaissable sous ce caractère d’atelier.
Tablette à dessin XP-Pen également, dont le support se place derrière l’écran. Connectée à côté de l’ordinateur, elle ajoute une saisie au stylet sans déplacer le clavier ni la trackball. Elle constitue une surface distincte pour esquisser ou retoucher des images, laissant l’écran principal libre pour afficher le travail en cours. L’ensemble reste transportable, même si dessiner réellement exige encore de la place sur le bureau.
L’alimentation suit la même logique d’emprunt de pièces utiles. Une batterie d’outil Kobalt de 24 V alimente la machine par l’intermédiaire d’un convertisseur qui ramène la tension aux 19 V requis par le PC. Une carte de coupure distincte protège le bloc contre une décharge trop profonde. La batterie reste une pièce externe visible, si bien que la retirer fait partie de l’usage courant plutôt que d’une procédure de réparation.
Ce choix comporte toutefois une contrainte. Le Slurptop ne recharge pas la batterie lui-même : le bloc doit être rapporté à son chargeur d’outil. Le secteur peut alimenter l’ordinateur de façon autonome, et un module de commutation assure le passage entre l’adaptateur et la batterie. Garder la machine branchée permet de changer de bloc sans l’éteindre, mais il n’existe pas de remplacement de batterie sans interruption en l’absence de prise.
Le constructeur indique plus de quatre heures de rédaction et de programmation sur une batterie de 4 Ah, avec une charge restante. Il s’agit d’une indication utile, et non d’une mesure d’autonomie vérifiée de manière indépendante. De même, le style outillage ne s’accompagne d’aucune certification documentée de résistance aux intempéries ou aux chocs. Ce poste de travail artisanal se porte par sa poignée, mais le traiter comme une perceuse serait une erreur regrettable.
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