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Cortex

25 Août 2026

Science

Une peau artificielle imprimée en 3D donne aux robots le sens du toucher

Des chercheurs ont développé une peau artificielle imprimée en 3D qui permet aux robots de ressentir le toucher grâce à la tomographie par impédance électrique, une approche plus simple que les systèmes de capteurs traditionnels.

Anaïs Aubert 3 min Blog – Hackaday

Une équipe de chercheurs dirigée par Haofeng Chen a mis au point une peau artificielle imprimée en 3D qui confère aux robots une sensibilité au toucher, une avancée qui pourrait transformer la manière dont les machines interagissent avec leur environnement. Les travaux, publiés sur arXiv, s'appuient sur la tomographie par impédance électrique (EIT), une technique qui permet de reconstruire une image à partir de mesures de résistivité électrique. Cette approche offre une alternative plus simple et plus fiable aux systèmes de capteurs individuels qui équipent habituellement les robots humanoïdes.

Le principe de cette peau repose sur une couche de polyuréthane thermoplastique (TPU) flexible intégrant des électrodes, recouverte d'un tissu conducteur. Lorsqu'un contact est établi avec la surface, les perturbations électriques sont mesurées en continu par les électrodes. L'algorithme EIT reconstitue ensuite la localisation et l'intensité du toucher. Les prototypes créés par l'équipe ont démontré qu'il suffisait de seize électrodes pour obtenir une carte de pression assez précise, ce qui simplifie considérablement la conception matérielle par rapport aux approches conventionnelles.

Cette innovation répond à un défi majeur dans le domaine de la robotique : reproduire la densité de capteurs de la peau biologique humaine, capable de détecter de fines imperfections avec le bout des doigts. Les méthodes traditionnelles se heurtaient à des problèmes de câblage et de fiabilité. En s'inspirant du fonctionnement d'un écran tactile résistif, les chercheurs contournent ces difficultés. La caractérisation de la porosité du TPU et la mise au point de l'algorithme EIT constituent les principaux obstacles techniques pour une reproduction artisanale de ce dispositif, le code étant fourni dans la publication.

Au-delà de la robotique humanoïde, cette technologie pourrait avoir des applications dans les prothèses, où le retour tactile est essentiel pour améliorer le confort et la précision des mouvements. La capacité de ressentir la pression et la localisation d'un contact ouvre également des perspectives dans l'industrie, notamment pour la manipulation d'objets fragiles ou la réalisation de tâches délicates. Les chercheurs soulignent que la simplicité matérielle de leur système, combinée à l'efficacité de l'algorithme, rend cette technologie potentiellement accessible à une large gamme d'utilisateurs, des laboratoires de recherche aux ateliers de fabrication numérique.

Anaïs Aubert

Auteur

Rédactrice actualités

Anaïs Aubert couvre pour Cortex l’actualité, la politique, l’économie, la société et la culture. Son travail met l’accent sur la vérification, le contexte et la clarté pour les lecteurs.

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