Kingchaser, le jet radiocommandé imprimé en 3D qui vise Mach 0,8
L'équipe britannique The Mach Initiative a dévoilé Kingchaser, un avion radiocommandé dont la cellule est largement imprimée en 3D et qui vise une vitesse transsonique de Mach 0,8, soit environ 990 km/h.
Un avion radiocommandé capable d'approcher la vitesse du son. C'est l'objectif affiché par The Mach Initiative, une équipe britannique qui a présenté Kingchaser, un jet dont la cellule est en grande partie imprimée en 3D et qui vise Mach 0,8, soit environ 990 km/h. Un défi technique rare dans le monde du modélisme, où l'impression 3D est devenue courante mais où l'installation d'un véritable turboréacteur dans une structure en plastique reste une entreprise ambitieuse.
Kingchaser succède à Kingfisher, une version plus petite imprimée en PLA qui avait déjà volé et revendiquait le titre de premier jet imprimé en 3D. La nouvelle machine reprend cette architecture en la portant à une échelle supérieure, avec un moteur nettement plus puissant développant 300 newtons de poussée, soit environ 68 livres-force. De quoi espérer dépasser largement les performances du drone le plus rapide du monde, un quadricoptère chronométré à 626 km/h.
La conception de l'appareil repose sur un mélange de matériaux choisis pour résister aux contraintes thermiques et mécaniques du vol transsonique. La cellule est principalement imprimée en PETG, visible sur les parties orange, mais elle intègre des tiges en fibre de carbone et un cadre en aluminium pour reprendre les efforts. Autour du moteur, une section noire est imprimée en PPS-CF, un polysulfure de phénylène renforcé de fibre de carbone, puis entourée de fibre de carbone pour supporter la chaleur. Le passage du PLA au PETG répond précisément à l'échauffement aérodynamique attendu à cette vitesse.
Un détail distingue également Kingchaser de nombreux projets d'avions imprimés en 3D : la peau de l'appareil a été entièrement polie pour être lissée. À ce régime de vitesse, la traînée de frottement cutané devient dominante, et chaque irrégularité de surface compte. Cette attention portée à la finition illustre le niveau d'exigence de l'équipe, qui documente dans une vidéo les nombreux ajustements nécessaires pour réduire la traînée et tenter d'atteindre l'objectif de vitesse.
Le projet s'inscrit dans une tendance où des équipes amateurs ou semi-professionnelles repoussent les limites du vol radiocommandé en combinant impression 3D, matériaux composites et propulsion avancée. The Mach Initiative n'en est pas à son premier essai, et l'équipe promet d'autres développements à venir. Si Kingchaser approche ne serait-ce que de Mach 0,8, il laisserait loin derrière les records actuels de drones, établis par des engins bien plus conventionnels.
Reste à savoir si la structure imprimée en plastique tiendra le choc des vibrations, de la chaleur et des contraintes aérodynamiques à l'approche du mur du son. L'histoire de l'aviation expérimentale montre que ces défis sont loin d'être anecdotiques, même à l'échelle réduite d'un modèle radiocommandé. Pour l'instant, Kingchaser incarne surtout une démonstration d'ambition technique, portée par une communauté de passionnés qui n'hésite pas à transformer des imprimantes 3D et des turboréacteurs miniatures en laboratoires de vitesse.
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