À Rotterdam, un bar d’écoute inspiré de Tokyo ouvre dans le Groot Handelsgebouw
Le trio formé par Jeff Hoogendijk, Khalil Ryahi et Paul Cournet ouvre Echo, un bar d’écoute au rez-de-chaussée d’un immeuble de bureaux d’après-guerre face à la gare centrale de Rotterdam, avec un mobilier inspiré des caisses de transport d’œuvres d’art et des miroirs de Sabine Marcelis.
À Rotterdam, un bar d’écoute baptisé Echo vient d’ouvrir au rez-de-chaussée du Groot Handelsgebouw, un immeuble de bureaux d’après-guerre situé en face de la gare centrale. Le projet est porté par le directeur de création Jeff Hoogendijk, le DJ et producteur Khalil Ryahi et l’architecte Paul Cournet, qui ont imaginé un lieu consacré avant tout à l’expérience musicale.
Les trois associés se sont inspirés de leurs visites de bars d’écoute à Tokyo. Ils voulaient cependant un espace souple, capable d’accueillir des événements variés, mais dont le cœur reste l’écoute. Paul Cournet, dont le studio d’architecture et de design Cloud a conçu l’intérieur, explique que l’idée était d’adapter ce concept à l’énergie créative de la ville. « Nous voulions le rendre très local », confie-t-il au magazine Dezeen.
Le bar principal, qui sert à la fois de comptoir et d’espace pour le DJ, illustre cette démarche. Il a été fabriqué par Baleart Handlers, une entreprise spécialisée dans la production de caisses en bois destinées au transport d’œuvres d’art. Ce choix rappelle que Rotterdam abrite le plus grand port maritime d’Europe. Ses faces portent l’inscription « handled with care », devenue la signature d’Echo. « Nous avons pensé qu’il serait génial de faire du bar une caisse d’art, parce que nous traitions tout, de la musique à l’accueil, comme de l’art », explique Paul Cournet. « Nous avons toujours voulu tout faire de la meilleure façon possible. »
L’espace accueille aussi plusieurs créations de Sabine Marcelis, designer basée à Rotterdam et compagne de Paul Cournet. Ses miroirs ombrés, qui reflètent des nuances de rouge et d’or, ornent les murs, tandis qu’une suspension linéaire en résine pend au-dessus du bar. Le mobilier, en grande partie fourni par la marque polonaise Tylko, comprend des étagères modulaires qui courent le long des murs pour présenter des vinyles. Paul Cournet avait déjà travaillé avec ce fabricant sur son showroom de Berlin, un projet qui a conduit à une collaboration avec la société audio Form Follows Frequency. Ensemble, ils ont développé un système coloré d’enceintes et de caissons de basses qui s’insèrent dans les étagères Tylko, lancées plus tôt cette année. Ces enceintes font partie du dispositif sonore d’Echo, aux côtés de deux colonnes sculpturales placées de part et d’autre du bar.
Le contraste entre le béton brut et les éléments plus raffinés, comme le système sonore ou les miroirs de Sabine Marcelis, est délibéré. « Quand on les associe, il se crée une tension qui me semble intéressante. Le béton paraît un peu plus doux », estime Paul Cournet.
Echo rejoint plusieurs bars d’écoute ouverts récemment, parmi lesquels Bar Bardo à Milan et Upstairs at Hausu à Londres, mais c’est le premier de ce type à Rotterdam. L’espace fonctionne comme un café le jour et se transforme en bar le soir ; il propose aussi une petite offre de vente sélectionnée. Il peut accueillir des expositions, des séances d’écoute de 20 à 40 personnes ou des dîners assis pour jusqu’à 40 convives. Depuis son ouverture début septembre, l’équipe a invité plusieurs disquaires locaux à contribuer à la programmation des événements.
Pour Paul Cournet, ce succès s’inscrit dans une longue histoire. « Rotterdam a une tradition musicale très ancienne, avec de nombreux DJ célèbres et des pionniers de la scène des années 1990 et 2000. Le projet semble avoir vraiment trouvé un écho auprès de cette communauté. »
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