IFA 2026 : Leif Lindner parie sur des robots réellement opérationnels
Le directeur de l'IFA, Leif Lindner, explique que l'édition 2026 du salon berlinois met l'accent sur des robots fonctionnels plutôt que sur des démonstrations spectaculaires, avec une certification européenne inédite pour un humanoïde.
Le salon IFA 2026, qui se tient du 4 au 8 septembre à Messe Berlin, ne sera pas une vitrine de prototypes futuristes. Selon son directeur général, Leif Lindner, l'heure est désormais aux machines réellement opérationnelles. « Cette année, il ne s'agit pas de démos cool, mais de robots qui fonctionnent vraiment », résume-t-il, alors que plus de 1 900 marques et environ 220 000 visiteurs sont attendus dans les 27 halls du parc des expositions de la capitale allemande.
Le thème officiel de cette édition, « The Future Is Now », reflète une évolution que Lindner dit avoir observée en temps réel. « Pendant des années, nous avons parlé de l'IA, de la robotique et de la maison connectée comme du futur. À un moment donné, cela a changé : l'IA a cessé d'être une catégorie à part entière pour devenir partie intégrante de presque toutes les catégories », explique-t-il. Réfrigérateurs, écouteurs ou tapis de course intègrent désormais cette technologie sans être vendus comme des produits d'IA. Pour le directeur du salon, la question pertinente n'est plus de savoir si un produit utilise l'IA, mais ce qu'elle permet concrètement : simplifier une tâche, faire gagner du temps ou aider à prendre une meilleure décision.
La thématique la plus visible de cette édition reste toutefois les robots humanoïdes. Une trentaine d'entre eux, dont les modèles de Unitree, Agibot et DEEP Robotics, défileront sur un podium le 5 septembre lors de l'événement « Robots on the Runway ». Lindner reconnaît sans détour la domination chinoise dans ce domaine. « L'échelle de fabrication, les investissements profonds et une chaîne d'approvisionnement incroyablement intégrée permettent aux entreprises d'itérer très rapidement », observe-t-il. Il précise néanmoins que l'Europe n'est pas simplement en retard, citant la société allemande NEURA Robotics, qui a bouclé un tour de financement pouvant atteindre 1,4 milliard de dollars juste avant le salon et qui prononcera une conférence sur la construction d'un écosystème européen pour l'IA physique.
Un détail distingue toutefois les pièces de démonstration des produits commercialisables : la certification. Le robot Mornine, développé par une filiale du constructeur automobile chinois Chery, a obtenu la certification CE complète de l'Union européenne, couvrant la sécurité des machines, les équipements radio et la cybersécurité, validée par l'organisme allemand TÜV Rheinland. Il s'agit du premier humanoïde certifié à la fois sur le plan matériel et logiciel selon les règles européennes. Le robot travaille déjà dans des concessions automobiles dans plus de 30 pays. Lindner considère cette étape comme une ligne de démarcation significative : « Cela reflète la transition d'une démonstration technologique vers un produit prêt pour un déploiement commercial en Europe. Beaucoup de robots présentés à l'IFA sont là pour montrer ce qui est possible. D'autres sont beaucoup plus proches d'une utilisation réelle. On peut voir tout le parcours d'innovation au même endroit. »
Organiser de telles démonstrations exige une logistique considérable. « Toute démonstration en direct impliquant une technologie émergente nécessite une planification minutieuse, et la robotique ne fait pas exception », souligne Lindner. « La sécurité prime, et nos exposants travaillent en étroite collaboration avec nos équipes pour garantir des présentations responsables. » Il conclut avec une formule qui résume l'enjeu : « Quand vous placez un robot humanoïde de 70 kilos devant un public en direct, vous voulez que l'excitation soit sur scène, pas derrière. »
